Philippe Quintais au National d’Orléans de pétanque : “J’ai envie de dire aux gens d’aller regarder les nouveaux champions !”

Malgré lui, Philippe Quintais attirait déjà l’attention de tous ce samedi 19 novembre au bowling de Belneuf… jusqu’à son élimination en début d’après-midi en huitièmes de finale de pétanque du National d’Orléans.

L’immense champion (il a été quatorze fois champion du monde), initialement réticent, a finalement accepté de se confier. A 54 ans et un an après avoir terminé sa carrière internationale avec un dernier titre, Philippe Quintais aspire à des plaisirs simples et… paisibles.

  • Non pas qu’on soit désolé de vous voir à Orléans, bien au contraire, mais n’ont-ils pas annoncé leur retraite ?

“Je suis venu avec une équipe d’amis pour passer la journée ensemble. Ma fin de carrière aujourd’hui repose sur ça : de temps en temps je fais un peu de compétition avec mes amis.”

  • Comment cela affecte-t-il moins votre jeu ? Moins de précision ?

“Tout d’abord, il y a moins de désir. Et quand il y a moins de désir, il doit y avoir moins de ‘grit’ que là où vous vous endormez en captivité. Mais nous avons commencé à jouer moins bien, nous avons eu beaucoup de chance et le jeu s’est avéré .. La différence avec le précédent, c’est que nous avons quand même gagné ces matchs.Passer la journée à jouer au ballon avec des amis : c’est ce que veut désormais Philippe Quintais.

  • Vous vous amusez toujours ?

“Oh oui ! Plus besoin de jouer avec des amis ; et de sortir du cadre de la gloire. Je n’en veux absolument plus. J’ai en quelque sorte arrêté à cause de ça, les défis, les interviews, les photos… Je peux’ C’est au-delà de mon plaisir. J’aime jouer à la pétanque avec mes amis, un bon moment… Ma carrière a duré longtemps, je suis devenu célèbre pendant une bonne dizaine d’années, avec l’avènement de la télévision, mais un jour on veut que ça s’arrête.”

  • Parce que c’est finalement difficile ?

“Très difficile. On ne peut pas avoir un instant sans être photographiée, comme la dame, à ce moment (mais il lui ordonne de ne pas tourner les talons)… La différence avec les autres sports, c’est que les athlètes évitent la foule ; on y vit. Toute la journée. J’ai atteint la saturation. Ça a brisé mon envie d’aller un peu plus loin.

  • Parce que tu pourrais continuer ?

“Je m’en sens capable. Je joue quelques grosses compétitions de temps en temps. Et quand je le fais, je les fais avec une telle joie que ça me redonne du jeu. Mais j’ai tiré une ligne. Je ne veux pas y aller là-bas.”

  • Être et être, quand on a un tel niveau de maîtrise, d’exigences : est-ce compliqué ?

« Ça dépend des personnes. Ça ne me dérange pas : je suis suffisamment réaliste pour comprendre que je ne ferai plus ce que j’ai fait. Ce sont les gens qui demandent toujours ; regardez aujourd’hui, à Orléans, il y a beaucoup de grands équipes. Aujourd’hui mais le matin nous sommes venus voir comment nous jouons ! Je sais que je ne suis pas capable de leur donner ce que je leur ai donné il y a vingt ans, mais ils ne comprennent pas que je ne peux plus le faire. eux : “Allez voir les nouveaux champions !” Il y a des jeunes qui jouent très bien.”Philippe Quintais joue moins. Mais il arrive quand même qu’il s’inscrive à quelques grandes compétitions, comme le Masters il n’y a pas si longtemps.

  • Ces jeunes vous demandent-ils des conseils, des formations ?

“Ils aimeraient jouer avec moi de temps en temps. C’est difficile de conseiller au début parce qu’on n’est pas de la même génération, on n’a pas le même regard sur les choses. Quand on est plus jeune, on a un regard plus jeu d’attaque…”

  • Alors à l’entraînement ?

“C’est une expérience qu’on acquiert soi-même : la concentration, comme la pression, on en a ou on n’en a pas. Et il y a des jours où on en a et d’autres où on n’en a pas. Chacun est obligé de se gérer.”

  • A quoi ressemble ta vie maintenant ?

“Je n’ai jamais quitté l’Eure-et-Loir, ni ce triangle entre Hanches, Maintenon et Epernon. J’ai une entreprise textile, ma gamme de champagne… J’ai beaucoup de choses à faire. Avec les vacances de Noël, c’est beaucoup de travail. Et puis je m’occupe de ma fille qui a onze ans et que je n’ai pas vu grandir… J’ai plein de belles choses à faire Et à cause de tout ça j’oublierai complètement ce que je fais plus au bowling… »

Lire Aussi :  La municipalité présente ses excuses à l'EC Orléans volley-ball mais Julien Rassat quitte la présidence

Pascal Bourgeais

Source

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Articles Liés

Back to top button